CARMEN di Georges Bizet in scena dal 26 giugno al 5 luglio al Théâtre National du Capitole di Tolosa, con Marie Nicole Lemieux protagonista

En janvier 2022, le Capitole donnait Carmen dans des conditions rocambolesques, en raison de l’épidémie de Covid-19. Malgré tout, Marie- Nicole Lemieux y faisait des débuts historiques dans le rôle-titre.
Pour offrir au public la pleine mesure de ce chef-d’œuvre, l’Opéra national du Capitole reprend l’élégante mise en scène de Jean-Louis Grinda, pour une série de huit représentations réunissant une double distribution exceptionnelle. À l’affiche, des artistes fidèles au Capitole et parmi eux, la jeune génération de chanteurs français - stars, étoiles montantes ou jeunes talents. La contralto canadienne Marie-Nicole Lemieux, invitée par les plus grandes scènes du monde, fera son retour au Capitole dans le rôle de l’ardente bohémienne. L’autre Carmen sera Adèle Charvet : l’une des mezzo- sopranos françaises les plus recherchées de sa génération et Rosina d’anthologie dans Le Barbier de Séville au Capitole en 2022. Don José prendra les traits du ténor espagnol Airam Hernández, qui débutait à Toulouse en 2019 dans La Traviata et que l’on a pu admirer également dans Norma, son premier Erik dans Le Vaisseau fantôme ou bien encore le troublant Walter dans La Passagère de Weinberg. L’autre Don José sera Fabien Hyon, ténor au timbre charnu et à la musicalité sensible, entendu au Capitole dans Daphnis & Alcimadure et Boris Godounov. Escamillo sera confié à la basse roumaine Adrian Sâmpetrean, qui fera ses débuts au Théâtre du Capitole et au franco-argentin Armando Noguera, déjà Escamillo ici-même en 2022. Anaïs Constans, qui a fait du Capitole sa maison (Pamina, Blanche, Susanna, Mimì, Micaëla, Zerlina) et Marianne Croux, soprano franco-belge qui interprétait il y a peu Donna Anna au Capitole, alterneront dans le rôle de Micaëla. Dans la fosse, l’Orchestre national du Capitole sera confié à la baguette du chef anglais Leo Hussain, idéal dans le répertoire français. Carmen est un chef-d’œuvre absolu. Quand l’opéra est créé à l’Opéra-Comique le 3 mars 1875, Bizet, 37 ans, s’est déjà imposé par sa maîtrise. Avec un livret de Meilhac et Halévy d’après Mérimée, il fait scandale : des êtres à la marge, une femme autonome, un meurtre passionnel sur la scène du « théâtre des familles ». Mais le génie l’emporte. De la foule à l’individu, de la comédie à la tragédie, des morceaux populaires à des pages d’un raffinement inouï, la dynamique est saisissante. Les forces en présence se heurtent jusqu’au point de non retour. Un homme supplie, une femme fait face ; se détachant d’elle-même, s’élevant au-dessus de sa condition, Carmen passe à la troisième personne : « Libre elle est née et libre elle mourra. »
Leo Hussain direction musicale Jean-Louis Grinda mise en scène Marie-Nicole Lemieux | Adèle Charvet * Carmen Airam Hernández | Fabien Hyon * Don José Adrian Sâmpetrean | Armando Noguera * Escamillo Anaïs Constans | Marianne Croux * Micaëla Adrien Mathonat Zuniga Pierre-Yves Cras Morales Fanny Soyer Frasquita Léontine Maridat Zimmerlin Mercedes Damien Gastl Dancaire Kresimir Spicer Remendado Orchestre national du Capitole Chœur et Maîtrise de l’Opéra national du Capitole Gabriel Bourgoin Chef du Chœur et de la Maîtrise CarmenGeorges Bizet (1838-1875) Opéra en quatre actes Livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy, d’après Prosper Mérimée Créé le 3 mars 1875 à l’Opéra-Comique de Paris 26, 27* et 30 juin 1er*, 3 et 4* juillet à 19h30 28 juin et 5 juillet à 15h Théâtre du Capitole Tarifs : 10 à 128 € Durée : 3h20 avec entracte Chanté et surtitré en français o pera.toulouse.fr +33 (0)5 61 63 13 13 TROIS QUESTIONS À MARIE-NICOLE LEMIEUX Vous vous apprêtez à incarner un rôle-titre légendaire, dans l’un des ouvrages les plus célèbres du répertoire. Est- ce impressionnant ?
Évidemment ! Si ce n’était pas le cas, cela trahirait sans doute un manque d’humilité. Face à ce genre de rôle, qui a connu d’innombrables interprétations célèbres, ma crainte principale est de tomber dans le cliché. Carmen appartient à tout le monde. Chaque interprète doit se l’approprier, mais la seule manière d’éviter les clichés qu’accumule toujours une tradition, c’est de revenir au texte, à la partition, et de les lire comme quelque chose de nouveau, vierge de toute habitude. C’est difficile mais nécessaire. Qu’avez-vous lu dans cet ouvrage ? Une prise de position très contemporaine sur la féminité. Aujourd’hui, on commence à nommer les choses, à les appeler par leur nom : ce n’est pas l’histoire d’un « crime passionnel », avec le romantisme que suggère l’idée d’un excès de passion ; non, c’est un féminicide, c’est-à-dire un meurtre dont le mobile profond est la haine de la liberté de la femme. L’opéra en général s’est penché sur cette question avec une étonnante insistance. Tant d’ouvrages lyriques sont le récit de la destruction d’une femme parce qu’elle est femme. On ne réinvente pas la roue : l’injustice du rapport aux femmes hante toute l’Histoire et les arts. Carmen raconte exactement cela, d’une manière très radicale. Parlez-nous du caractère de Carmen. Vous sentez-vous proche d’elle ? D’abord elle a beaucoup d’humour et d’autodérision. On l’oublie trop souvent, aveuglé que l’on est par le cliché (très français, il faut le dire) de la « femme fatale » : lascive, les yeux sombres - bref : perverse. Quand on observe très exactement ce qu’elle dit, ce qu’elle fait, on comprend qu’elle est en réalité un esprit libre. Et surtout, elle est parfaitement consciente du prix de la liberté.
Mais son libre arbitre est plus précieux que tout. En son for intérieur, elle ne cesse d’affirmer : « Non, ils ne m’auront pas ». Alors je pourrais bien prétendre que c’est une affinité que je sens avec ce personnage, mais je crois que toutes les femmes ont cela en elles. En particulier les artistes ! Nous autres chanteuses, nous recelons toutes une Carmen en nous, sans quoi nous ne monterions pas sur scène ! (rires) Son côté « grande- gueule », cela me ressemble. Mais elle a davantage de confiance en soi que moi. Spontanément, je me sens plus proche de la Charlotte de Werther, une femme aux antipodes de Carmen. Je suis plutôt fleur-bleue ! Carmen me permet d’explorer des zones qui me sont plus étrangères, mais qui m’attirent. J’admire infiniment son courage, son jusqu’auboutisme. Propos recueillis par Dorian Astor 25/06 Comunicato Stampa Foto: Mirco Magliocca Marco Borggreve Info: www.opera.toulouse.fr bellaunavitaalloperablogspot.com

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